
Parfums de situations
Plutôt que d’adopter la posture documentaire attendue (aller saisir en noir et blanc une misère déjà surexposée) Dominique Dupray a choisi d’en proposer une reconstitution. Non pas pour en atténuer la violence, mais pour en interroger la fabrication visuelle.
Dans une cave parisienne à l’éclairage volontairement cru, des jeunes femmes, vêtues de simples chemises de nuit déchirées, prennent place dans un décor sale. Les poses sont pensées en cohérence avec l’atmosphère : retenues, contraintes, parfois frontales. L’espace est réduit, l’air semble poisseux.
Le choix technique participe du dispositif. Un reflex d’entrée de gamme, un objectif ordinaire. Refus de la virtuosité, refus de l’image trop maîtrisée. La matière photographique conserve une forme de rudesse.
De cette séance est née la série Capture, publiée sous la forme d’un livre disponible sur ce site. Cette page en présente une sélection parmi les cinquante planches qui composent l’ensemble.
Les projets qui suivent prolongent cette recherche autour du portrait. Toujours le visage, toujours la présence. Mais déplacés, transformés, interrogés selon des dispositifs distincts.
Dominique Dupray, Artiste pluridisciplinaire
Parenthèses
Parenthèses associe aphorismes et images. Chaque formule brève trouve son écho dans une photographie ou une peinture photographique.
Le texte n’illustre pas l’image, pas plus que l’image ne commente le texte. Les deux éléments coexistent dans un rapport de tension. La photographie ouvre un espace d’interprétation ; l’aphorisme le déplace.
Il s’agit moins d’expliquer que de créer une suspension — un intervalle de pensée.
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Quand la lumière façonne...
Cette série rassemble des portraits d’hommes et de femmes saisis dans une économie de moyens volontaire. Le noir et blanc domine, réduisant l’image à l’essentiel : lumière, matière, regard.
Les expressions ne sont pas dirigées vers un récit unique. Peur, tristesse, sérénité, arrogance — les états coexistent sans hiérarchie. Certains regards affrontent l’objectif, d’autres s’en détournent. L’appareil n’est pas toujours un miroir, parfois seulement un témoin.
Dominique Dupray ne cherche pas l’identité sociale du modèle mais la tension intérieure qui affleure à la surface du visage. Le portrait devient un espace de projection : ce que l’on croit lire appartient autant au spectateur qu’au sujet.
Présence

Photographie en noir et blanc d'un visage flou sur exposé donnant l'effet d'un double visage. Sur fond noir. Image de Dominique Dupray

Photographie dans un sous sol avec un tunnel en arrière plan, briques apparentes. Une femme de peau noire courbée en avant la bouche ouverte. Un travail de texture habille le corps de la femme.

Photographie en noir et blanc d'un visage féminin dont les cheveux se fondent dans l'arrière plan noir. Son bras émerge pour toucher un mur de brique sur la droite d'où on voit un visage apparaître. Dominique Dupray

Photographie en noir et blanc d'un visage flou sur exposé donnant l'effet d'un double visage. Sur fond noir. Image de Dominique Dupray
La série Présence explore la figure féminine dans un espace sombre, presque souterrain. Les corps apparaissent dans une pénombre dense, comme extraits d’un lieu clos (cave, sous-sol,...). Rien n’est décoratif. L’environnement est réduit à une matière noire, absorbante.
Le flou n’est pas un effet mais un principe de construction. Il introduit le mouvement dans l’image, fragilise les contours en déstabilisant la fixité photographique. Le sujet n’est jamais totalement arrêté : il traverse l’espace, le trouble pour l’habiter.
Dans ce travail en noir et blanc, la lumière agit comme un révélateur minimal. Elle sculpte les volumes effleurant la peau. Une trajectoire est captée plutôt qu’une posture. Ainsi la figure devient un passage comme une vibration.
Présence interroge ce qui subsiste lorsque l’identité se dissout dans le mouvement. Ce n’est pas le portrait d’un individu, mais l’affirmation d’une existence dans l’obscurité. Une présence fragile et instable mais irréductible.
L'Âme en plastique
Dans cette série, Dominique Dupray interroge la frontière entre le vivant et l’artificiel. Les figures — mannequins, corps figés, présences manufacturées — semblent habitées d’une tension silencieuse. Le plastique devient peau, enveloppe, masque et métaphore.
La lumière, souvent tranchante, sculpte les volumes comme une matière sonore. Les corps apparaissent à la fois sensuels et distanciés, offerts et inaccessibles. Un pétale en suspension dans l'air, un geste arrêté, un regard vide : autant d’indices d’une humanité déplacée vers l’objet.
Entre froideur industrielle et sensualité latente, L’âme en plastique explore une condition contemporaine où l’identité se fabrique, se moule et se met en vitrine. L’image devient un espace de friction : géométrie contre chair, surface contre intériorité, matière synthétique contre désir d’âme.
Musicien contemporain autant que peintre figuratif géométrique, Dominique Dupray transpose ici son langage plastique vers une mise en scène photographique où rythme, contraste et tension formelle composent une partition visuelle.
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