
Cette section de Parfum d’Orchestre rassemble quelques extraits de cinq ouvrages de musique sacrée composés par Dominique Dupray à la fin des années 1990.
À cette époque, l’écriture d’œuvres pour chœur et orchestre s’inscrivait dans un projet artistique ambitieux : investir l’espace des églises, bénéficier de leur acoustique exceptionnelle, exploiter la résonance naturelle de la pierre et la verticalité du lieu. Le cadre architectural participait pleinement à la conception musicale.
Cependant, avec le recul, cette aventure laisse une réflexion plus critique. Puiser dans un texte aussi chargé symboliquement que la Bible implique inévitablement une dimension idéologique. Même sans intention militante, composer de la musique sacrée revient à dialoguer avec un corpus religieux historiquement structurant.
Ce décalage entre démarche artistique et portée symbolique constitue aujourd’hui un point de tension assumé.
Sur le plan purement musical, l’écriture sacrée génère une dynamique singulière. Elle appelle l’ampleur, la générosité harmonique, l’élévation des voix. Le travail sur le chœur impose une respiration collective, une architecture sonore où la fraternité et l’élan humaniste deviennent des matières musicales.
Reste une interrogation plus contemporaine : comment traduire musicalement l’idéal d’amour universel dans un monde régi par des logiques d’intérêts ? Cette contradiction nourrit la tension dramatique de ces œuvres.
Ces extraits témoignent donc d’un moment précis du parcours de Dominique Dupray, compositeur de musique contemporaine, où spiritualité, acoustique et écriture orchestrale se sont rencontrées.
Oratorios
Musique sacrée
Le Requiem est écrit pour orgue, chœur d'hommes et solistes. Oeuvre de commande, il a été créé à l'église réformée du Saint-Esprit à Paris le 12 Mars 1998 où il a reçu un accueil chaleureux (cf rubrique contact), il a fait ensuite l'objet d'une tournée avec le Stabat Mater en première partie lors de neuf concerts toujours à Paris début 1999 qui se sont terminés à l'église de Saint-Louis en l’Île. Le chœur de cette tournée étant mixte le Requiem a été adapté en conséquence. Durée environ 1 heure.
Pour le concert de création :
Solistes : Sylvia Kervokian, Philippe Barret, Martine Niernhaussen, Valentine Kytaine.
Direction : Christophe Grapperon.
Choeur d'hommes du Théatre lyrique de Seine Saint Denis.
Le Stabat Mater a été écrit pour chœur mixte. Créé en le 31 Janvier 1999 à l'église réformée de Paris Luxembourg à Paris. Durée d'environ 45 minutes.
Solistes : Garance Castanié, Odile Faniard, Michel Courché, Odile Krief.
Direction : Dominique Dupray.
Ensemble vocal : L'Infinie Couleur.
Organiste : Léonid Karev.
Deux messes pour orgue et chœur mixte et une messe pour orchestre et chœur mixte ont été composées dans la foulée. Elles n'ont pas encore été jouées à ce jour.
Voici six extraits en continu :
Les Eléments
Cycle d'airs pour orchestre à cordes, cors et solistes.
Créé le 26 Avril 2008 à l'Espace Saint-Martin, Paris, Les Eléments constituent un programme de douze airs pour orchestre à cordes, cors et solistes. Divisés en quatre parties, les thèmes sont bien-sûr construits sur la thématique du vent, de l'air, du feu et de l'eau. Avec cet ouvrage j'accédais enfin à la forme idéalement en résonance avec ma sensibilité de chanteur, d'auteur et de compositeur.
Durée d'environ 1 heure.
Distribution : Aurélie Loilier (soprano), Sophia Castiello (mezzo-soprano), Hubert Humeau (ténor), Jacques L'Oiseleur des Longchamps (baryton).
Avec l'Ensemble Lazaro, Orchestre de la Nouvelle Europe.
Voici quatre extraits en continu :
Parfums d'orchestre
La seconde partie de Parfum d’Orchestre est consacrée à la musique instrumentale.
Ici, aucun texte, aucune voix, aucune référence religieuse. La musique est composée pour elle-même. Elle ne sert ni livret, ni narration, ni idéologie. Elle explore uniquement les possibilités du timbre, de l’orchestration et de la dynamique.
Ces pièces mettent en avant le travail sur la matière sonore :
équilibres entre pupitres, densité des cordes, contrastes des bois, puissance contenue des cuivres, respiration des silences.
L’orchestration devient un terrain d’expérimentation. Les lignes mélodiques ne cherchent pas l’effet immédiat mais la construction. Les masses sonores se déplacent, se répondent, s’opposent.
Cette section révèle une autre facette de Dominique Dupray compositeur de musique contemporaine : une écriture plus abstraite, centrée sur la structure et la tension interne plutôt que sur le texte ou la dramaturgie vocale.

